samedi 1 septembre 2007

Il y a deux mois et des poussières, c'était une robe...

Il y a deux mois et des poussières, c'était une robe de mariée qui ornait ma porte de chambre, un objet qui, de par sa blancheur, éclairait ma chambre et ma vie d'une aura de nouveauté, de fébrilité et d'attente.
Aujourd'hui, deux mois plus tard, alors que j'écris ce billet, c'est autre chose qui se tient dans l'au-delà de ma vision périphérique. Derrière ma tête, hors de mon regard, il y a deux meubles flambant neuf qui se dressent là où jadis trônait notre classeur, deux meubles de bébé. Deux nouveaux meubles qui annoncent mon avenir, qui présagent, qui augurent.

mardi 21 août 2007

Silence dans le champs des mots qui s'écrivent...

J’ai comme le goût d’écrire par les temps qui courent, mais les temps courent vite et mes idées sont plutôt… absentes ! J’ai un assèchement de la plume, une raideur dans la créativité et une poussière «grosseur de poutre» dans l’œil de mon esprit. Étiolés par les événements à venir, mes mots n’ont plus leur débit, ne sont que débiles. Cette anémie verbale - ou écrite, c'est selon -, j’ose l’espérer, ne durera guère. Sachez seulement que tout va bien : les jours approchent où nous ne verrons plus le jour, sinon de nuit, et le petit-à-venir grossit à vue d’œil le ventre de sa mère.

Et c’est un peu béatement que je passe mon temps, entre vélo, boulot et dodo.

mercredi 15 août 2007

Facebook...

Trop de temps perdu, peu... pas é... écrire... trop de p... p... pirates sur Facebook.

Je ne sais pas vraiment ce qui m'attire inexorablement sur Facebook à chaque nouvelle session d'ordinateur, mais je finis toujours, sans trop savoir pourquoi, par perdre quelques minutes à tirer des bombes à mes compatriotes.

Disséminent-ils des messages subliminaux partout sur Facebook???

En bout de ligne, j'en écris moins sur mon blogue.

mardi 7 août 2007

Enfin un parti auquel je peux m'identifier!...

Ahhhh... Le Parti Rhinocéros est de retour sur la scène politique. Bien que je ne sois pas un Rhino, je suis toujours partant pour un peu d'absurdité dans les (souvent) grandes absurdités politiques.

Voici l'article de Radio-Canada sur ce sujet:
http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2007/08/07/005-outremont-rhinos_n.shtml

Comme dit ma grand-mère: «Ça fait changement. Ça fait du bien.»

samedi 4 août 2007

SharedTalk

Vous désirez apprendre une nouvelle langue, pratiquer une de celles que vous connaissez déjà, ou faire connaissance avec des gens de partout dans le monde? Et bien je viens de découvrir le site SharedTalk. C'est un site d'échanges linguistiques gratuit. Je commence à peine à jouer avec ce site, mais pour l'instant, je suis emballé par l'idée. Je vais continuer l'expérience un peu, pour voir si ça vaut le coup, mais je pense que c'est très intéressant comme site!

Trop de chaleur, ça fait fondre les neurones

Cela fait une semaine sans rien écrire: trop chaud pour taper sur un clavier d'ordinateur, trop chaud pour réfléchir; mes neurones sont fondues, comme du beurre au soleil. Je ne suis pas mécontent que la fraîche soit ressortie de son placard. La chaleur me tue, à petit feu. J'aime mieux l'automne et le printemps!

Déjà août! L'été s'achève, et je n'ai pas l'impression de l'avoir goûté. Je sais que je viens de dire que je préfèrais le printemps, mais quand même!

Pour tout vous dire, j'ai même commencé à réceptionner des trucs pour Noël au magasin (vive la déprime!)...

Sur ce, je dois refaire bouger mon cerveau avant d'écrire des trucs plus consistant.

Au plaisir.

dimanche 29 juillet 2007

The Simpsons: Best of Ralph Wiggum

Bon, voilà mon dernier billet de la fin de semaine concernant les Simpsons. Après ça, je fais relâche des bonhommes jaunes.
Ahhh... Ralph Wiggum! Tout simplement incroyable!

samedi 28 juillet 2007

Simpsonized!!!


Gracieuseté du site Simpsonsmovie.com!



The Simpsons Movie

Après 18 ans de comédie désopilante - et probablement 18 années d'attente pour la majorité des fans de la série télé - Matt Groening, avec une cohorte de collaborateurs, s'est enfin décidé à porter la famille Simpsons au grand écran. Pour certains, il était temps; pour d'autre, trop tard. J'étais plutôt du second avis. C'est avec une certaine appréhension que j'attendais la sortie de ce long métrage, étant un maniaque de la période communément nommée «Golden age» de la série, période qui s'étend grosso modo des saisons 3 à 12. Je n'allais certes pas à reculons au cinéma hier soir, mais presque, de peur d'être déçu. Comme le mentionnait à juste titre un journaliste culturel de CTV ce matin, une majorité des fans de la série considèrent celle-ci comme la meilleure série télé de tous les temps: comment s'attendre à rien de moins que le meilleur film de tous les temps?

Ce n'est bien sûr pas le meilleur film de tous les temps, il faut se l'avouer. En toute honnêteté, je n'ai pas vraiment senti que je regardais un film hier soir, mais plutôt un long épisode de la série. Et sur écran géant.
Néanmoins, c'était un très bon épisode!

Je ne dévoilerai rien du film ici, et il vaut mieux garder les secrets pour Homer, il saura vous les révéler mieux que moi. Mais j'en dirai tout de même ceci: bien que l'histoire soit plutôt banale, les gags s'enchaînent à toute vitesse, et ce sont de bons gags, plus proche de l'humour décapant des premières années («I'm elected to lead, not to read» répond le président Schwarzenegger, a.k.a Rainier Wolfcastle, a.k.a McBain, à son chef de l'Agence de Protection de l'environnement). La famille est de nouveau au coeur des péripéties, avec Homer comme problème central. On ne voit pas beaucoup les autres personnages de la série au long du film, au grand dam de certains critiques que j'ai lus sur le Web, mais ils ont tous, pour la plupart, quelques secondes à l’écran.

C'est donc repu que je suis sorti du cinéma, la tête pleine de nouvelles lignes à apprendre par cœur en guise de citations, et le goût de revoir mes amis de Springfield.

Tenez, je vous laisse avec les paroles du hit musical du film :

«Spider Pig, Spider Pig, does whatever a Spider Pig does. Can he swing from a web? No he can't, ‘cause he's a pig. Look out, he is a Spider Pig»

Do'h!

vendredi 27 juillet 2007

Petit plaisir de la vie

Parfois, quand je suis en train de descendre un escalier roulant du magasin La Baie de Montréal, je tiens une pose «catalogue»...

jeudi 19 juillet 2007

Différences

Tant que les marques de différenciation survivront dans notre langage, les racismes, xénophobies, peurs, craintes, préjugés et autres leurres de l'esprit subsiteront en filigrane, ou, du moins, on risquera de les retrouver au tournant de nos vies.
Comme autant de petites amorces d'un passé pas encore révolu.

mercredi 18 juillet 2007

L'an prochain

C'était dimanche dernier. La température clémente nous permettait à mes parents, ma soeur et moi, d'aller faire un petit tour du côté du Vieux Port de Montréal, afin de tâter un peu l'été. Mes parents étaient venus nous rejoindre dimanche matin, et j'avais l'intention de faire découvrir à ceux-ci les joies du Centre Ville sous les cieux estivaux. Après une ride en Métro (toujours un hit auprès des gens qui ne l'ont jamais utilisé - moi, je ne suis plus capable de le sentir) jusqu'à la station Place d'Armes, nous nous sommes dirigés vers les quais, suivant les notes de musique Dub qui parvenaient à nos oreilles en direct du Festival Reggae de Montréal.
Une fois rendus sur les quais, il ne nous restait plus qu'à nous rendre compte de l'infestation: que des enfants, des bébés, des poupons, des papas et des mamans à l'horizon (j'exagère, certes, déformation congénitale obligeant). Partout des petits morveux à la crème glacée coulant sur leurs vêtements, des bébés endormis dans leur poussette, des familles qui en prennent large sur le trottoir.
Alors qu'un père nous croisait, son bébé en bandoulière pleurnichant de la plus cute, mais aussi de la plus exagérée des façons - vous savez, quand il commence à grelotter dans leur pleurs -, mon propre paternel s'est retourné vers moi, une petite lueur coquine dans le coin de l'oeil:
«L'an prochain, ça va être toi, qu'il me dit. Ça va être ben drôle».
Certes, l'an prochain ça devrait être moi. Drôle, on verra pour qui.

mardi 17 juillet 2007

L'enfer, c'est les autres...

J'écris les derniers mots du courriel, et je sais pertinemment que c'est une nouvelle que je n'ai pas le goût de lui dire que je lui envoie. Je me relis, afin de ne pas laisser trop d'erreurs gisantes dans mon mot; question d'enlever au moins les coquilles, ces équivalents de pustules pour un texte. Ça ne fait rien: j'ai l'impression d'envoyer une lettre pestiférée, comme tant d'autres auparavant.
Je presse sur Enter et soupire.
Fantasmant, je me déporte devant le tribunal d'une raison irrationnelle, celle qui suppure de pathos. J'entends les membres du juré - dont celui à qui j'envoie la nouvelle - me dire que j'ai changé, que je ne suis plus comme avant. Je les imagine me pointer du doigt et laisser échapper un «comme d'habitude» chargé d'exaspération, de dépit et d'amertume. Mon problème, c'est qu'ils auraient raison de le faire, de le dire, de me juger. Ou bien est-ce encore ma raison irraisonnée qui me fait écrire, me fait parler?
Dans une lubie autodestructrice, je m'imagine m'ouvrir les tripes pour exposer les racines de mon mal, pour laisser mes viscères choir sur le pavé, les laisser en pâture à la vermine. Mais la malfaçon est trop ancrée, l'esprit est trop faux, exagérément vicié pour que le phantasme soulage. Celui-ci ne fait que donner davantage de force au tribunal. Il le nourrit de mépris.
En bon petit martyr, j'attends sa réponse au courriel et me morfonds dans les tréfonds de mon imagination.
L'amertume des autres est un poison bien plus efficace que le plus fort des arsenics. Surtout quand il est imaginé. Celui-ci corrode l'âme comme un acide, l'envahit comme un cancer.
«L'enfer, c'est les autres» qu'il écrivit...

dimanche 15 juillet 2007

Plastinat, vous avez dit Plastinat?

Je me tiens devant ce-qui-fut-un-homme. On ne dit pas de lui qu'il est cadavre, car il est plastinat: un corps transformé par la plastination.
C'est fascinant, ces muscles d'une main qui ne sont plus muscles, mais plastique, et qui, un jour, serrèrent pourtant un verre d'eau; ces muscles d'un bras qui se fléchirent pour lever ce verre à la bouche; ces muscles de la gorge qui, un jour, déglutirent pour faire descendre l'eau de ce verre dans cet estomac qui, aujourd'hui, est exposé au grand jour. C'est tout aussi fascinant de voir le système nerveux qui signala satiété à ce cerveau qu'on observe, autrefois fragile, mais maintenant nu; d'observer le coeur qui un jour fut vigoureux et qui, sous nos regards, démontre l'infarctus qui le fit cesser de battre; finalement, de voir le tendon d'Achille qui, dénudé de la chair, nous laisse voir pourquoi il fut la chute du héros grec.
L'exposition n'est pas morbide, ni irrespectueuse pour les corps en démonstration. C'est une démonstration de la vie dans toute sa complexité, une ode à ce corps qui nous accompagnera tout au long de notre vie - qui est cette vie - et que nous connaissons trop peu, trop mal.
Certains plastinats sont plus dérangeants que d'autres, j'en conviens. L'ensemble dégage une certaine aura de Freak Show (sans en être un, par respect pour les corps), mais la force didactique est là. Voir un poumon de fumeur, ça aide à comprendre. Voir un cancer dans le foie, c'est mieux que d'en entendre parler. Voir l'effet des graisses sur le corps d'un homme, ça ouvre les yeux. Et en tout et partout, ça aide à comprendre le jargon des médecins (et de Grey's Anatomy, vous vous en doutez!).
Je recommande!

mardi 10 juillet 2007

Bagel Bites

«Humphhh...»
Elle soupire. C'est sa façon cute de me faire savoir qu'elle désire quelque chose. C'est son introduction discrète et polie à l'inévitable requête. Je souris toujours quand j'entends ce petit soupir. Je sais que quelque chose s'en vient, qu'une petite demande va poindre.
Depuis qu'elle est enceinte, je l'entends souvent, ce petit soupir coquin.
- Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie? dis-je en me redressant sur le divan. Je suis toujours trop affalé sur celui-ci, le dos courbé, les jambes allongées sur la table du salon. D'autant plus qu'il est pas mal usé, ce divan: les supports en bois à l'intérieur sont fort probablement cassés et on s'enfonce inexorablement dans les coussins. Mon chiro m'en voudrait, mais je n'ai pas de chiro.
- Ben, j'ai déjà faim... qu'elle me dit, avec une pointe de gêne dans la voix - c'est que nous venons à peine de manger notre dessert.
- T'es certaine? Moi, je suis encore bourré!
- J'mangerais de la pizza..., qu'elle me susurre.
Ah! Serait-ce le début des envies folles gastronomiques? Longtemps, je me suis demandé quelles seraient ses frivolités culinaires. Pour ma mère, c'était des mets chinois. Pour la sienne, je crois que c'était des olives. Une de mes soeurs mangeait des barres de chocolat à la caisse.
Pour ma petite D..., je devrais bientôt être fixé.
Pour ce soir, oui, elle mangera des Bagel Bites...

dimanche 8 juillet 2007

Comme une aura de gastro...

Belle fin de semaine, couleur de maladie.

J'ai passé mon samedi après-midi entre délire fiévreux et sommeil débile. C’est fou, quand on est malade, à quel point le temps qui passe prend la teinte de notre virus. Pour ceux à qui ça pourrait parler, je pense que la maladie exemplifie à merveille le concept de Dasein de Heidegger. Mon ouverture sur le monde hier avait comme une aura de gastro-entérite. J’ai donc été affalé sur mon divan toute la journée, les muscles endoloris, mon estomac vide et criant son petit malaise, la sueur coulant à grands flots des pores de ma peau. Je vous passe quelques détails d'ordre gastrique et digestif.

Mon samedi me laisse donc que des traces de souvenirs, que des vagues de sensations éparses, disparates : un pseudo-réveil vers midi; une journée de télévision devant Live Earth; une certaine poussée de larmes à entendre Metallica jouer Nothing Else Matter - j'étais, semble-t-il, vraiment fragile hier!; quelques rires devant Spinal Tap faisant Stonehenge, les nains dansants autour du mini monolithe inclus; le regret de n’avoir pas vu le ventre de ma conjointe tressaillir sous l’impulsion des petits pieds de bébé-à-venir; un reste de journée à essayer de manger quelques chose; et un début de nuit à halluciner des scènes de Grey’s Anatomy.

mardi 3 juillet 2007

Zanella, Leroux, Bolduc et compagnie

Rien. Nos musiciens jazz québécois n'ont rien à envier au reste de la planète.
Hier soir, le spectacle 40 ans de Coltrane sur la petite scène du Gèsu le prouva sans aucun doute. Nous avons de solides saxophonistes à Montréal. Mon ami et moi, nous nous trouvions donc en deuxième rangée, face à nuls autres qu'André Leroux (ténor), Rémi Bolduc (alto), Jean-Pierre Zanella (soprano, alto, flute), Chet Doxas (ténor, clarinette), Jean Fréchette (baryton, flute), accompagnés pour l'occasion par Jan Jarczyk (piano), Alec Walkington (contrebasse) et Dave Lang (batterie).
La mission de la soirée: rendre hommage au géant du jazz que fut (et qu'est toujours) John Coltrane, décédé il y a 40 ans, le 17 juillet 1967. Les cinq souffleurs et le pianiste fournissaient chacun l'arrangement d'un morceau du maître. Et la mission fut accomplie avec brio.
En ouverture, l'octet nous a servi une Moment's Notice superbe (tirée de l'album Blue Train), arrangée par Zanella. Dès les premières mesures, nous savions à qui nous avions affaire. En fin de morceau, les cinq compères se sont attaqués à un chorus vertigineux en groupe, démontrant au passage la virtuosité de chacun de façon non équivoque.
Se sont enchaînées par le suite les Lonnie's Lament (arrangée par Rémi Bolduc, tirée de Crescent), The Night as a Thousand Eyes (arrangée par Chet Doxas, tirée de Coltrane Sound), Cousin Mary (arrangée par Jean Fréchette, tirée de Giant Steps), une Cresent enflammée (arrangée par André Leroux, tirée de l'album du même nom), et une Giant Steps (arrangée par Jan Jarczyk, tirée de l'album du même nom) propice à un échange de soli entre les saxophistes.
En rappel, Ruby, My Dear de Thelonius Monk – pianiste ayant eu une influence majeure sur Coltrane – en quintette de cuivres. Sublime!
Il était fort intéressant de pouvoir comparer les cinq souffleurs dans le cadre d'un même morceau, de voir la différence dans le jeu de chacun. Zanella était plus lyrique; Doxas davantage éthéré, moins gymnaste. Rémi Bolduc m'a paru plus habile dans le bebop (il a brillé dans Giant Steps) et André Leroux - mon coup de cœur au saxophone depuis l'an dernier - était, comme toujours, impétueux et enflammé. Jean Fréchette démontra aisément qu'un baryton peut être aussi agile qu'un alto dans ses improvisations.

Le reste du groupe n'était pas piqué des vers. Jan Jarczyk et Dave Lang jouaient à merveille leurs rôles respectifs de McCoy Tyner et d’Elvin Jones, sans jamais être caricaturaux. Ils assuraient solidement les assises de l'octet. La contrebasse d'Alec Walkington complétait à merveille le trio rythmique, bien que son solo de contrebasse ne me sembla pas des plus réussi. En toute franchise, je n’ai jamais vraiment apprécié les exercices d’improvisations à la contrebasse.
Ce fut un excellent spectacle de jazz. De ceux qui ne coûtent pas trop cher, mais qui restent dans l'esprit longtemps après que la musique s'est arrêtée.
Mais j’étais conquis d’avance.

lundi 2 juillet 2007

Matin jazz

Assis dos sur un arbre, il joue de sa clarinette basse. C’est sur un rythme éthéré et flottant qu’il joue la Naima de John Coltrane, qu’il regarde le soleil se lever doucement. Les rayons de lumière caressent son visage, caressent la ville, disent bonjour. Il répond à cette salutation par un mi bémol en fin de mélodie ; un mi bémol bien bluesy, chargé de feeling, lourd d’expressivité. Il le tient pendant quelques secondes encore, respecte le point d’orgue, puis tait sa note, laissant mourir au bout de son souffle le son au gré de la brise. Il écarte l’embouchure de son instrument. Un petit sourire de satisfaction se dessine à la commissure de ses lèvres.

Il l’a bien jouée. Pas parfaitement, mais bien.

C’est ainsi qu’il aime commencer ses journées. Où plutôt, qu’il préfère vivre ses levers de soleil, car cette journée s’achève en réalité. Il a joué toute la nuit dans un jam session au Centre-ville, dans une boite un peu miteuse. Environ quatre heures de trippes crachées, d’entrailles exposées, d’exhibitionnisme de l’âme; un canevas sonore bigarré de post-bop, d’avant-garde, de free jazz; une nuit de couinements de clarinette, de montées sulfureuses, de silences obsédants. C’était du costaud ce set. De l’hermétique, pour amateurs avertis seulement. Ça frôlait parfois l’obscénité.

Après tant de bruit, il préfère toujours respirer un peu en tâtant du standard, un peu de be-bop ou de swing. Rien de trop lourd pour l’esprit et les oreilles : c’est meilleur pour le karma.

Le matin, il ne faut jamais rien jouer de trop lourd, de crainte de faire peur aux muses.

dimanche 1 juillet 2007

Femi en cadeau

De deux choses l’une: le hasard fait bien les choses et rien ne sert de chialer.

Grosse surprise hier soir : c’est au détour d’un Archambault de la Place-des-arts qu’on m’a offert des billets pour deux spectacles du Festival de Jazz ! D’abord pour voir Joshua Redman (offre que je n’ai pu honorer : merci encore José ! Je ne doute pas que ce spectacle fût débile et c’est tant pis pour moi !), et ensuite pour aller voir Femi Kuti, fils de Fela Kuti, en programme double avec Antibalas.

S’il y a un genre de musique africaine qui me fait tripper, c’est bien l’Afrobeat. C’est un de mes gros coups de cœur depuis mon arrivée à Montréal. J’allais être servi !

D’abord Antibalas nous a servi un Afrobeat plus proche de ce que Fela faisait à l’époque. De longs morceaux envoûtants (six ou sept pièces dans le cadre d’un spectacle d’une heure et demie !), ponctués de solo de cuivres et de vieux sons de claviers, le tout dirigé par un saxophoniste/chef d’orchestre à l’extrême aigu lancinant et par un percussionniste/chanteur à l’accoutrement flamboyant. La pièce Beaten Metal était tout simplement fantastique, avec leur panoplie de percussions et une thématique anti-guerre évidente («With metal coming from missiles head, they did wonderful musical instrument» nous explique le saxophoniste Stuart Bogie en introduction).

Puis le maître, Femi Kuti, dirigeant son armée de musiciens, et accompagné par ses choristes/danseuses, est venu réchauffer davantage un Métropolis gagné d’avance. Ça swinguait salement ! D’entrée de jeu, il nous a largué une Thruth don die endiablée (et c’est un euphémisme). Je ne le savais pas aussi bon saxophoniste : son solo de la seconde pièce contenait une note qu’il tint durant au moins une minute, avec trémolo, feeling et crescendo ! Assez impressionnant, merci! Un bel exemple de circulation circulaire. Sa façon de diriger son orchestre me rappelait un peu Frank Zappa qui commandait les punchs, accentuations et codas sur demande. Et ses musiciens répondaient efficacement, avec groove et feeling. Et que dire de ses athlétiques danseuses qui se trémoussèrent sans arrêt pendant tous les morceaux !

Ce fut une belle soirée qui augure, finalement, un pas si pire festival que ça, sous l’égide de l’Afrobeat. Mardi, ce sera au tour de Seun Kuti de me faire trémousser le popotin.

Merci infiniment Evens et Diane pour ces billets ! Nous avons passé une incroyable soirée, et, sans le savoir, vous avez aidé à sauver mon festival 2007, fort probablement mon dernier à Montréal.

Et lundi, c’est au tour des maîtres du saxophone montréalais de me faire tripper à la Coltrane. J’ai bien hâte de voir ce qu’ils me réservent !

Et j’entends allez voir : Soulive (lundi, scène GM, 21h00) ; Seun Kuti (mardi, scène GM, 21h30) ; No Name Jazz Sextet (vendredi, scène GM, 18h00) ; Christine Jensen Quartet (vendredi, Scène TD Canada Trust, 19h00) ; Mimi Fox (Jeudi, Carrefour General Motors, 18h30, ou vendredi, tente SIMMM GM, 20h00) ; California Guitar Trio (samedi, Carrefour General Motors, 18h30) ; MG3 Montréal Guitar Trio (samedi, Scène CBC/Radio-Canada Best Buy, 21h00).

Et, en ce jour du Canada, mon compte à rebours est commencé : dans 365 jours, si tout se déroule comme prévu, nous repartons pour Québec. En plein FIJM 2008… Ça va être tough!

vendredi 29 juin 2007

FIJM

La fête du Jazz est commencée. Ça avait l’habitude d’être ma période préférée de l’été montréalaise, la période où je respire, pense et parle jazz. L’an dernier ce fut effréné, endiablé, orgiaque. Cette année, c’est plutôt tranquilos. Pourquoi ?

Parce que je n’ai pas un rond pour aller voir les spectacles en salles.

Les shows extérieurs sont fort intéressants, certes. C’est l’occasion de découvrir des artistes nouveaux, mais pas forcément jazz. Et c’est aussi l’occasion de sentir le pouls estival de Montréal. J'irai sans doute flotter, comme un spectre, dans les foules des spectacles extérieurs, question de ne pas me sentir cheap de ne pas être de la fête. D'autant plus que je me suis permis un petit spectacle au Gésu (hommage à Coltrane, forcément. Avec la crème de la crème du saxophone québécois - Miam!).

Mais moi, c’est les grosses pointures qui m’intéressent. Marsalis ; Medeski, Martin, Wood & Scofield ; The Cinematic Orchestra ; Jack DeJonhette, John Scofield and Larry Goldings ; Mike Stern ; Dave Holland ; Allan Holdsworth ; Joshua Redman; Ravi Coltrane; et j’en passe moults autres.

Cela fait que, cette année, j’ai comme l’impression de délaisser un ami parce que j’ai pas moyen de suivre son train de vie. On m’invite à une méga fête, mais j’ai pas les fonds nécessaires au cover charge.

Pardon festival, mais, cette année, j’ai comme pas le goût à la fête parce que tu me rappelles que je ne fais pas le salaire moyen annuel canadien.

Mais il y a pire dans la vie, n'est-ce pas?

mercredi 27 juin 2007

Mon vélo, c'est mon vélo, et je ne l'ai pas volé...

Dimanche soir, le gros dilemme de la soirée était ; allons-nous ou non au Parc Maisonneuve joindre nos voix menues aux deux centaines de mille fêtards de la Saint-Jean cuvée 2007. Bof, non. Trop chaud, trop fatigué, trop sédentaire pour lever mon cul de son siège. J’avais pas la ferveur patriotique énergique ce soir-là. Le goût d’être un bleu, un vrai, titillait bien mon orgueil de frog, mais j’avais mille et une raisons de me trouver une raison de ne pas y aller.

Fait que plus tard dans la soirée, ma douce m’interpelle : «J’pense qu’il y a quelqu’un sur le balcon qui gosse après ton vélo. J’étais pas sûr il y a 5 minutes, mais là je pense que je ne me trompe pas». Ni une ni deux, je lève mon postérieur de devant mon écran d’ordinateur et je cours ouvrir la porte de mon vestibule. Depuis près d’un an, nous n’avons plus de rideaux d’accrochés à la fenêtre de la porte d’entrée, ce qui m’a permis de voir un gaillard, l’air hagard, sur le porche, prêt à descendre l’escalier de notre appartement, vélo – mon vélo – sous le bras.

Je dois d’abord vous dire que mon vélo, il est vieux, rouillé, noir et rose, pas beau, pas moderne pour deux cennes : j’ai fait exprès de prendre celui-là justement pour décourager d’éventuel voleur. De surcroît, il a un pneu flat depuis deux semaines et il est pogné sur la cinquième vitesse parce que j’ai cassé le petit boute de plastique qui change les dites vitesses. C’est donc une vrai piece of junk. Il y avait facilement cinquante vélos plus intéressants que celui-ci dans un rayon de 100 mètres. Il ne valait pas les 15 minutes de travail. En fait, il aurait dû essayer de voler mon cadenas au lieu de le couper.

Ben le gars ne s’est pas sauvé en me voyant, il s’est mis à m’obstiner que c’était son propre vélo et il semblait insinuer que je le lui avais volé.

«Eille… C’est mon vélo.»
«Euhhh, non. Pas vraiment. Maintenant, tu vas me faire un plaisir de décrisser.»
«Mais man, c’est mon vélo…»
«…» (J’ai vraiment pas l’air menaçant, et, en plus, j’ai plutôt l’habitude de me laisser piler sur les pieds, mais ce soir-là, j’avais comme un goût de bâton de baseball).

Le mec a finalement descendu l’escalier, bredouille, dès qu’on a parlé police.

Bref, il n’y a pas de grosse morale à cette histoire, ni même de punch juteux. J’aimerais bien vous dire que je lui ai défoncé la tronche (tellement mon genre d’ailleurs), ou bien qu’il s’est effondré en excuses, ou bien que la police a débarquée, ou n’importe quelle finale enlevante. Mais non. Il s’est juste tiré.

C’est juste que tant qu’à voler quelque chose, assurez-vous que ça vaille la peine et, surtout, qu’il n’y ait personne autour quand vous le faite. Pis obstinez-vous pas quand vous êtes pris la main dans le sac. Ça a juste l’air con.

Et, en quelque part, j’étais content de n’être pas allé à la Saint-Jean. Il est vieux, rouillé, noir et rose, mon vélo, mais c’est mon vélo, et je ne l’ai pas volé.

mardi 26 juin 2007

Fête nationale ou fête francophile?

On a vu cette année, à la fête nationale, les Lynda Thalie et Florent Vollant, les Marco Calliari et les H'sao, tout cela afin d'étayer la diversité culturelle du Québec contemporain. Il est fort louable, voir même essentiel, d’inviter des artistes d’horizon divers à participer à notre fête nationale. Nous sommes en 2007 et le Québec est rendu là, et c'est tant mieux!
Suite à la lecture d’un texte dans le Journal Métro de Montréal (texte dont le nom de l’auteur m’échappe malencontreusement), je me pose néanmoins la question suivante : à quand une fête nationale québécoise qui inclura les Leonard Cohen, les Rufus Wainright, Les Patrick Watson, les Arcade Fire et autres sbires du «côté obscure de la force» du Québec? À ce que je sache, le Québec est à ce jour, et malgré toutes les objections que l’on pourra soulever, en partie anglophone.
Peut-être ont-ils déjà invité à la fête et peut-être ont-ils refusé. C'est une autre question et un autre problème.
Mais, en tant que peuple québécois, pourquoi ne pas fêter notre diversité linguistique en ajoutant l'anglais à la carte des mets de la fête nationale? Pas l'anglais canadien. L'anglais québécois.
Pourquoi cette fête a un parfum d'anglophobie?

dimanche 24 juin 2007

Lu quelque part...

Pour le plaisir de partager une petite citation:


«Gods dies. And when they truly die they are unmourned and unremembered. Ideas are more difficult to kill than people, but they can be killed, in the end.»


Lu dans: Neil Gaiman, American Gods, Harper Torch, page 58.

Lu quelque part...

Pour le plaisir de partager une petite citation de circonstances:

«La nation n'est pas un objectif. La nation est un état de fait, un fait d'identification et d'appartenance d'une société.»

Lu dans: André Larocque, Le parti de René Lévesque, Fides, page 55.

Bonne Saint-Jean!!!


jeudi 21 juin 2007

Merci! Merci! Merci!


C'est déjà terminé.

Ce fut rapide, schizophrénique, épileptique. Une soirée passée en fast-forward, ponctuée de quelques respirations et de tremblements. On m’avait prévenu : un mariage, une fois que c’est commencé, ça déboule vitesse grand V. Six mois de préparations, d’angoisse et d’attente pour deux journées d’exaltation, mais aussi pour célébrer une vie à deux qui, même après sept ans de vie commune, ne fait que débuter.

Pour paraphraser Bilbon Sacquet : « Je n’ai pas eu le temps de voir la moitié d’entre vous à moitié autant que je ne le voulais». Toutes les personnes présentes auraient mérité davantage de mon attention. Je m’excuse de ma rareté cette soirée-là.

Du reste, je vais profiter de cette petite tribune pour vous remercier tous d’être venu. Cette soirée fut, pour nous, une réussite et votre présence et votre plaisir étaient la clé de voute de cette réussite. Chaque sourire en cette soirée était une récompense, un sublime cadeau de mariage. Merci de vous être déplacés – pour certains de très loin - pour être venu célébrer avec nous notre union. Merci pour vos cadeaux. Notre petit-à-venir va pouvoir dormir dans un superbe lit grâce à vous.

Merci à nos amis, merci à nos familles, merci la vie!

J’en profite aussi pour remercier spécialement quelques acteurs spéciaux de cette soirée :

Félicie Ouellet pour les merveilleux souvenirs que son appareil photo et son œil averti nous a livrés. Sans ces photos, je n’aurais qu’un souvenir fugace de ces deux jours.

Cédric Carbonneau-Demers pour son incroyable sens du rythme. Quand même : pour un ti-gars de six ans, interpréter We Will Rock You de Queen et divertir plus de 80 personnes, faut le faire!

Luc Marquis pour son show splendide et pour mon Hit de l’été 2007, Martin aime la pizza et Frank Zappa (paroles de Denis Ouellet et invités).

David Lévie et l’équipe du Restaurant le Refuge de Saint-Nicolas pour la job impeccable.

Tante Tite sans qui cette soirée n’aurait jamais eût lieu.

Et finalement, Daphné. Je ne comprends toujours pas, après sept ans, ce qu’elle me trouve. Mais bon, c’est moi le grand gagnant là dedans, j’en suis sûr!

Humainement vôtre,

Karbo


mercredi 20 juin 2007

Montréal, vue du train

jeudi 14 juin 2007

Ma porte

Ce soir, je suis devant mon écran d’ordinateur. D’ordinaire, quand je me retourne, j’aperçois la porte de bois de notre chambre. Elle est brune, banale, comme toutes les portes de chambre que l’on peut voir dans les immeubles construits dans les années 70. Ce n’est pas une porte extraordinairement belle. Elle n’a pas un look historique, avec une poignée de porte en fonte, arborant une serrure avec un trou de clé style peephole comme on en trouve dans certains immeubles, ceux qui datent un peu. Ce n’est pas non plus une belle porte neuve de chez Reno Dépôt, fraîchement sortie de l’usine.

Non. Dans le fond, c’est une porte plutôt laide, avec des nœuds dans le bois et plusieurs coulis de peinture la couvrent.

Sauf que ce soir, quelque chose l’agrémente.

C’est qu’une robe de mariée est pendue à cette porte par le crochet de son support. Elle est cachée, enveloppée dans sa housse blanche, mais le secret n’est pas total.

C’est une robe de mariée, et elle augure ma journée de demain.

mercredi 13 juin 2007

Dieu bouffe (suite et fin)

Extrait d’un long article de Fiodor Bakounine III, paru dans Beyond God Weekly :

«C’est avec étonnement que notre communauté athée observa hier la complète ingestion de la Terre 1ière par Dieu aux environs de 3h00 du matin. En moins de 2 minutes, notre planète mère était ingérée par le divin courroux.

Avec cette boustifaille à échelle planétaire, le dernier bastion de l’Empire des Trois Religions est disparu. Le navire patristique de sauvetage fut rapidement rattrapé par la bestiole divine. Quelques ressortissants mussellements ont été retrouvé depuis, embarqués sur de frêles esquifs interplanétaires. Ils ont été éliminés par l’escouade Tactique Voodoo (l’escouade T.V.).»

L’article poursuivait ensuite sur la portée philosophique de la fringale céleste. La question suivante le terminait, ouvrant le texte sur des réflexions ultérieures importantes pour la compréhension future de l’événement :

«Les croyants finiront-ils toujours - d’une façon ou d’une autre, réellement ou métaphoriquement - ingérés par la foi qu’ils portent en leur dieu, effacés derrière leurs croyances?»

lundi 11 juin 2007

Dieu bouffe (suite...)

Ils ont tranché pour l’exil. Mais pas le leur. Celui des autres.

Certains de leurs certitudes évangéliques, coraniques et talmudiques, les adeptes des Trois Grands Monothéismes pratiqués au sein du Très Saint Empire, ceux-là même réunis en concile, ont voté pour l’exil des Hors-Dieu (désigné par le charmant surnom de Hodieux). Ainsi, la population humaine déportée sur les colonies lunaires à la fin du troisième millénaire de la Grande Guerre filigrane se voie religieusement montrer la porte ou la mort. Le concile a conclu qu’elle était vraisemblable la cause de la divine ingestion. Le courroux divin envers les courroucés de Dieu.

Athées, agnostiques, théistes, polythéistes, hérétiques, chamanistes, adeptes du Voodoo, animistes, panthéistes, ainsi qu’homosexuels, femmes lettrées, poètes, artistes, scientifiques hérésiarques, auteurs pamphlétaires, libres penseurs et autres divergents des normes Scatholique, Mussellemane et Jouidhaïque, embarqueront sur l’Antéchrist, vaisseau cargo-monde de très grande capacité.

Officiellement, ils seront déportés vers l’extrême Lactée, plus loin encore que l’Intersidérale, dans les derniers racoins peu explorés de notre galaxie.

Officieusement, le Très Saint Empire espère que Dieu changera de trajectoire pour suivre l’infecte piste dégagée par l’Antéchrist. Un appât pour nourrir l’ire divine.

dimanche 10 juin 2007

Dieu bouffe (suite)

Le Saint-Siège Œcuménique du Très Saint Empire des Religions Unis est en ébullition. Situé sur la Terre 1ière, dans la lande ou se dressait jadis la Jérusalem, Ville Mère du Très Saint Empire (créée à la suite de la Grande Guerre filigrane des Trois Millénaires), le Saint-Siège accueille le Concile Générale des Trois Religions.

Le constat est alarmant : Dieu est affamé. Dieu est en colère, en coliques. Il bouffe les colonies périphériques, celles en bordures de l’Intersidérale, la grande spatioroute jalonnant les limites de l’Empire, et il s’avance lentement mais surement vers le centre de l’Empire. Les calculs de cartographie multidimensionnelle des mystico mathématiciens sont formels : Dieu en veut à la Terre. Dieu veut la terre.

Le pourquoi de l’intervention divine inopportune? C’est afin de cogiter, de triturer, de byzantiner la question qu’ils sont tous rassemblés là en concile.

samedi 9 juin 2007

Dieu bouffe

Le Saint-François d'Assise IX, vaisseau amiral du contingentement Scatholique du Très Saint Empire des Religions Unies, s'avance inexorablement dans la bouche béante qui néantise, la bouche de Dieu, Métatron. La force d’attraction divine est telle que même les puissants réacteurs athéistiques (nourris à l’incroyance) ne permettent au Saint-François D’Assise d’éviter la très Sainte Digestion.

Quand Dieu a faim, Dieu bouffe. Ce que Dieu veut, Dieu le veut.

Pie DXXI, commandeur suprême de ce mastodonte de ferraille béni à la fois par l’Imam suprême, par le Pape et par le Rabbin des Rabbins, ne sait pas comment répondre à l’assaut divin. Il fait sa dernière prière à son Dieu. Ce dernier s’apprête d’ailleurs à se goinfrer jusqu’à plus faim de Scathos, de Musellements, et de Jouiffes. Skip, son fidèle second, fait dans son froc, s’agnosticise à la seconde alors qu’il réalise que la fin de sa piètre existence va se constituer de sucs digestifs divins, d’enzymes véniels, de bile patristique.

L’Apocalypse à l’échelle digestive, quoi?

vendredi 8 juin 2007

Portrait de famille


Ludivine, Edwin Holgate, 1930

mercredi 6 juin 2007

Mon erreur la plus coûteuse

Je me suis levé avec une certitude ce matin. J’ai empoigné un des nombreux livres de philosophie jonchant les étages de ma bibliothèque et j’ai réalisé que je n’aimais pas vraiment ça (outre un auteur, un bouquin par-ci, par-là), que j’avais fait un baccalauréat sans conviction profonde et que trois années, et même plus, de ma vie se résumaient - professionnellement s’entend - à des grenailles.

Et toutes ces réalisations pour la modique somme de plus ou moins 15 000$ (20 000$ avec les intérêts).

***

Un agent statistique pour le compte du ministère de l’Éducation m’a rejoint dimanche soir. Il enquêtait auprès des diplômés en philosophie.

À la question «Est-ce que votre présent emploi possède un quelconque lien avec votre formation académique ?», j’ai répondu placidement «plus ou moins». Disons que je travaille avec des bouquins. Le lien est ténu, mais il existe in extenso.

À la question «Quel était votre taux horaire au mois de janvier dernier», j’ai répondu «X,20$». L’homme à l’autre bout du fil, m’ayant mal compris, me demande «20$ de l’heure ?». Je corrige : «Non, non. I Wish ! X piastres et vingt cennes de l’heure». Le gars laisse échapper un «Aaaahhhhh…» avec trois petits points qui prennent le temps et le sens de cent points de suspension. J’ai presque entendu son silence pouffer de rire. Lui devait gagner pas mal plus à me demander cette question.

Mais à la question «Est-ce par choix ?», j’ai répondu d’abord non. Je ne voulais pas vraiment me l’avouer. Puis je me suis ravisé pour finalement me rendre compte que, dans le fond, oui c’était par choix.

***

Quelqu’un - plusieurs personnes en fait – m’ont laissé entendre que ce n’était pas perdu, que c’était de la culture personnelle. Dans le fond, c’est un peu vrai. Mais je m’en fou. 15 000 $ (20 000$ avec les intérêts) c’est beaucoup de culture personnelle hypothéquée pour l’avenir. C’est beaucoup de choses de la vie hypothéquée en général. C’est par exemple ; une hypothèque hypothéquée ; un voyage en Europe hypothéqué (culture ! Culture !); un régime d’épargne études pour mon enfant-à-venir hypothéqué ; une voiture (hybride of course) hypothéquée ; plein de concerts, bouquins, disques, visites au musée, hypothéqués (encore de la culture)…

Tout ça pour pouvoir dire que je me suis tapé Être et temps d’Heidegger et comprendre d’obscures blagues sur le cartésianisme (ma préférée étant: c't'une fois Descartes qui descend dans un bar. Il prend une bière, deux bières, trois bières. La troisième terminée, le barman s'approche et demande à René «Vas-tu en prendre une autre?». Descartes réfléchit un peu et répond «Mmmm... J'pense pas». On ne le revit plus jamais)

***

C’est mon erreur la plus coûteuse.

Au moins, je n’ai pas l’impression d’être le seul à l’avoir fait.

samedi 2 juin 2007

Paroles de disquaire #1

Partant des principes que «toute personne, quand elle se présente comme client, perd au moins la moitié de son quotient intellectuel (moi inclus)» et que «personne n'est parfait (surtout un disquaire)», je désire vous partager mes connaissances sur le magasinage de disques. Après trois ans de disquairariat et de librairariat, il y a plusieurs situations gênantes pour le client (et pour le disquaire) qui peuvent facilement être évitées.

Dans le fond, c’est pour votre propre bien : les disquaires et les libraires ont tendance à se foutre de la gueule des gens qui posent des questions idiotes, et, en plus, les employés s'en souviennent longtemps.

Un client brillamment préparé, qui sait ce qu'il cherche, on l'oublie rapidement. Le client twit, on en parle encore une heure ou deux après, question de faire baisser la pression laissée par les clients chiants (un autre «paradigme» qui demanderait un bouquin à lui seul).

Voici donc mon premier conseil de disquaire:

Faites vos devoirs avant de vous rendre en magasin.

Cas de figure 1:

Client: Je cherche une célèbre symphonie.
Disquaire: Puis-je vous demander laquelle?
Client: Bien... Celle en do.
Disquaire:(...) Ok. De quel compositeur?
Client: Je ne sais pas monsieur. Vous savez, LA symphonie en do? Elle est très connue.
Disquaire: (...) Vous l'avez entendue à la radio? Chez un ami? Vous connaissez l'interprète? Vous avez vu la pochette du disque?
Client: Non. Vous devez pourtant la connaître. Elle est célèbre!
(Cas vécu)

Cas de figure 2:

Client: Eille man! J'ai entendu une toune de Rap à la radio ce matin.
Disquaire: Bonjour monsieur (j'insistais toujours sur le bonjour quand on m’interpellait ainsi).
Client: J’connais pas le chanteur ni le nom d’la toune, mais y’arrêtait pas de dire «Yo» dedans.
Disquaire : (…) (Comme si c'est l'exlusivité d'une toune les «Yo» dans le rap...)
(Cas vécu)

Cas de figure 3 :

Cliente : Bonjour monsieur, je cherche le nouveau disque de Michael Bubble.
Disquaire : Vous voulez dire Michael Bublé.
Cliente : Non, non. Michael Bubble. Vous savez, le jeune chanteur de jazz canadien.
Disquaire : Désolé madame, mais c’est Michael Bublé.
Cliente : Je vous jure que c’est Michael Bubble.
(En fin de compte, elle n’a jamais acheté le disque de Michael Bublé et l’histoire ne dit pas si elle a enfin trouvé son disque de Michael Bubble)
(Cas rapporté par une collègue)

Le don de clairvoyance n’étant pas encore répandu dans la population en général, il y a des limites à ce qu’un disquaire peut deviner sur ce que vous cherchez. Faites un peu de recherches avant de vous rendre en magasin, de grâce!
Vous vous sauverez un voyage inutile, du temps perdu et une face.

vendredi 1 juin 2007

Bande annonce, The Golden Compass

Après la lecture de cette excellente trilogie de Fantasy/Roman jeunesse/Science-Fiction/Philosophie, je vais pouvoir me délecter de l'écoute du film, et ce, dès décembre 2007! Enfin un vrai preview!

jeudi 31 mai 2007

Mon dépanneur

Après avoir monté les deux marches de béton, j’ouvre la porte de verre doublée d’une grosse grille de fer noir. Cette porte vitrée est couverte d’autocollants qui laissent savoir qu’à ce dépanneur : on accepte Interac ; on vend de la Molson Dry à 12.99$ la caisse de 12 ; qu’on y distribue les différentes lotos ; que le paquet de cigarettes Peter Jackson est pas plus ni moins cher qu’ailleurs ; que La Presse se vend là… Moult autres particularités propre à l’entreprenariat du dépanneur de quartier sont annoncées sur cette réclame de silice.

Dès le pas de la porte, on comprend qu’on n’entre pas dans un Couche-Tard aseptisé ni dans un dépanneur hyperbranché. Le plancher est un revêtement de plastique gris, brunâtre par endroit. Le rack à revue est en 2x4 peinturés en blanc cloués au mur. Les bonbons à l’unité dorment dans de petits bocaux de Dollarama. Certains produits sont décolorés parce qu’ils trônent là depuis des lustres. Tout est plus cher. Dans certains cas, pas beaucoup plus cher ; dans la majorité des autres, c’est outrageux (4$ pour un litre de jus Oasis ? Idem pour 4 rouleaux de papier-cul cheap?).

La majorité des clients s’achètent de la bière pis des cigarettes, tandis que le livreur de la place en grille une devant l’entrée. Il te salut parce que tu viens souvent pis qu’il est toujours là. Une fois entré dans le dépanneur, c’est un petit couple d’asiatiques – des Vietnamiens, je présume – qui vous accueille de derrière le comptoir. Le dépanneur est à eux. Ils y sont toute la semaine, ou presque, et tout le long des journées.

Ils ont presque toujours un sourire dans la face. Ils m’offrent toujours un sac même si j’en prends jamais. Ils me disent « des bonbons ?» avec leur accent lorsque j’entre dans le dépanneur parce que j’en achète parfois (souvent).

C’est un dépanneur typiquement montréalais, mais je ne l’échangerais contre aucun autre dépanneur.

samedi 26 mai 2007

Parc Safari

Le zèbre punk s’approche subrepticement de la voiture par la droite, hors de mon champ de vision. Mon regard porte sur la petite vache qui se tient à notre gauche, occupée à manger dans la main de ma belle-mère. Dans notre vie de nord américain, c’est toujours un peu troublant de se tourner pour voir une tête de zèbre se pencher dans l’habitacle de la voiture dans laquelle nous prenons place. C’est ce qui m’est arrivé aujourd’hui au Parc Safari. Un bel endroit, avec de beaux animaux.
Et un zèbre punk.

jeudi 24 mai 2007

Avant dodo

De petits rituels s’installent doucement dans notre nouvelle vie : une nouvelle ponctuation pour une nouvelle donne.

Elle se couche maintenant sur le dos, le ventre s’interdisant un peu plus à tous les jours. Parfois, nous plaçons des écouteurs sur son bedon assoiffé d’expansionnisme, laissant jouer des musiques que nous (je) voulons (veux) formatrices. Parfois, je parle un peu à son nombril, question d’établir une relation. Parfois, c’est en silence que je touche son ventre.

Par contre, à tous les soirs, je m’installe pour lire un peu. Juste quelques pages. Pour la forme. C’est ainsi depuis des lustres.

À tous les soirs, elle lui chante une berceuse. Juste une petite. Pour le plaisir. C’est ainsi depuis peu, quelques mois à peine.

Il y a quelques soirées de cela, alors que je m’installais pour lire – rien de moins qu’à la lampe de poche, à l’instar des enfants pour se cacher des parents – nous avons eu un de ces petits moments de silence et de touche-bedaine. Un petit moment à nous deux (nous trois ?) dans une pénombre de camp de vacances.

En simultané :

- Hey ! lança-t-elle.
(Micro frissonnement de la bedaine susmentionnée)

C’était lui. La minuscule bosse qui était apparue à la surface du corps de ma conjointe, c’était lui. Un infinitésimal soubresaut ; pas de quoi faire frémir l’aiguille d’un sismographe, mais quelque chose à faire frémir mes entrailles.

C’était une quelconque partie de son corps qui avait décoché ce trait. Je m’amuse à penser que cette soirée-là, c’était sa main. Je m’amuse à me dire que cette soirée-là, j’ai fait le premier high five avec mon enfant…

lundi 21 mai 2007

Lu quelque part...

Pour le plaisir de partager une petite citation:

«L'école est en fait «le seul lieu où la lutte peut être menée contre les privilèges hérités [...] Ce qui est élististe, ce n'est pas de réussir, c'est d'y être aidé par la naissance. Le beau mot d'égalité signifie cela: offrir au plus grand nombre la possibilité d'exceller.»

Lu dans: Thomas De Koninck, La crise de l'éducation, cité à partir de Danièle Sallenave, Lettres mortes.

Par un matin...

Ça sent l’hôpital. Normal : nous sommes dans un hôpital. La salle se trouve dans une semi-obscurité, les lumières contrôlées par un rhéostat mis au minimum. C’est une salle exigüe et le peu d’espace disponible est occupé par une panoplie du pas-possible : un grand bureau, une grande chaise médicale, deux écrans noir et blanc ; deux consoles garnies de boutons, de commutateurs, d’interrupteurs, de lumières LED vertes, etc. J’ai un peu l’impression de me trouver dans une scène d’un film des Monty Pythons, avec «the machine that goes ping !» dans «the Foetus Frightening Room». C’est un peu surréel.

Nous sommes excités et c’était à prévoir face à l’ampleur subtile de la chose : nous avons rendez-vous avec notre futur. Nous sommes sur le point de recevoir une carte postale, une petite dose de réalité. Toute l’expérience était à ce jour si abstraite pour moi.

Jusque là, tout va bien. Ma fiancée se retrouve sur le dos, couchée, le bras droit derrière la tête et le gilet remonté, laissant poindre sa petite bedaine maintenant couverte de gel. La technicienne (ou infirmière ? ou docteur ?) saisit une petite sonde, appuie sur quelques boutons, vérifie quelques indicateurs et dirige la sonde vers le bas-ventre de ma conjointe.

Contact. Les ondes sonores sont projetées de la sonde par un mécanisme complexe que je ne m’explique pas. Elles se dirigent vers l’invisible, caché à nos yeux par la chair, les fluides et la vie qui maintient tout en place. Microsecondes. L’espace interstitiel est comblé momentanément par ces ondes sonores qui explorent. Elles touchent finalement leur but, sont reflétées, et retournent à leur source, chargées de précieuses informations. Captation. Les ondes sonores deviennent courant électrique, sont transmises par le câble à la machine. Traitement. Décortication. Retransmission. Mise en image.

L’invisible est rendu visible, le caché est mis à jour, l’indicible peut être exprimé : c’est un bébé.

La technicienne (ou infirmière ? ou docteur ?) commence son étude du sujet, du patient. Elle tâte, déplace sa sonde, tente de voir ce qu’elle doit voir. Pour nous, c’est une conversion immédiate, une expérience quasi-religieuse, un moment extatique. Toutes les philosophies les plus pointues deviennent soudainement émoussées, barbares presque ; tout se résume à cette vie que nous avons reproduite.

Mais qu’est-ce qu’elle fout ?!?? Elle donne des coups au ventre de ma conjointe!

Mini-crise schizophrénique :

Cœur : Mais quoi !?! Qu’est-ce qu’elle lui veut au bébé !
Raison : Elle veut le faire bouger pour mieux voir…
Cœur : Non mais !... Elle va lui faire mal !
Raison : Il n’y a pas de problème ; c’est fait fort, ces petites choses…
Cœur : Tiens il vient de bouger. Il n’aime pas ça !
Raison : C’est une professionnelle. Elle sait ce qu’elle fait…
Cœur :
Raison : Tu vois, y a rien là.

Pas né encore, et je m’en fais déjà. Ça va être beau à l’adolescence…

Pas né encore, mais déjà parent.

samedi 19 mai 2007

Un nouvel espace

Un nouveau blogue. Pourquoi Karbo? Pourquoi?

Pourquoi un blogue en premier lieu? Est-ce du narcissisme? Est-ce par amour des mots? Est-ce pour satisfaire son égo? Pour le montrer aux autres?

C'est un peu de tout ça, mais c'est surtout parce que parfois, j'ai un peu besoin d'organiser mon chaos...