Zanella, Leroux, Bolduc et compagnie
Rien. Nos musiciens jazz québécois n'ont rien à envier au reste de la planète.
Hier soir, le spectacle 40 ans de Coltrane sur la petite scène du Gèsu le prouva sans aucun doute. Nous avons de solides saxophonistes à Montréal. Mon ami et moi, nous nous trouvions donc en deuxième rangée, face à nuls autres qu'André Leroux (ténor), Rémi Bolduc (alto), Jean-Pierre Zanella (soprano, alto, flute), Chet Doxas (ténor, clarinette), Jean Fréchette (baryton, flute), accompagnés pour l'occasion par Jan Jarczyk (piano), Alec Walkington (contrebasse) et Dave Lang (batterie).
La mission de la soirée: rendre hommage au géant du jazz que fut (et qu'est toujours) John Coltrane, décédé il y a 40 ans, le 17 juillet 1967. Les cinq souffleurs et le pianiste fournissaient chacun l'arrangement d'un morceau du maître. Et la mission fut accomplie avec brio.
En ouverture, l'octet nous a servi une Moment's Notice superbe (tirée de l'album Blue Train), arrangée par Zanella. Dès les premières mesures, nous savions à qui nous avions affaire. En fin de morceau, les cinq compères se sont attaqués à un chorus vertigineux en groupe, démontrant au passage la virtuosité de chacun de façon non équivoque.
Se sont enchaînées par le suite les Lonnie's Lament (arrangée par Rémi Bolduc, tirée de Crescent), The Night as a Thousand Eyes (arrangée par Chet Doxas, tirée de Coltrane Sound), Cousin Mary (arrangée par Jean Fréchette, tirée de Giant Steps), une Cresent enflammée (arrangée par André Leroux, tirée de l'album du même nom), et une Giant Steps (arrangée par Jan Jarczyk, tirée de l'album du même nom) propice à un échange de soli entre les saxophistes.
En rappel, Ruby, My Dear de Thelonius Monk – pianiste ayant eu une influence majeure sur Coltrane – en quintette de cuivres. Sublime!
Il était fort intéressant de pouvoir comparer les cinq souffleurs dans le cadre d'un même morceau, de voir la différence dans le jeu de chacun. Zanella était plus lyrique; Doxas davantage éthéré, moins gymnaste. Rémi Bolduc m'a paru plus habile dans le bebop (il a brillé dans Giant Steps) et André Leroux - mon coup de cœur au saxophone depuis l'an dernier - était, comme toujours, impétueux et enflammé. Jean Fréchette démontra aisément qu'un baryton peut être aussi agile qu'un alto dans ses improvisations.
Le reste du groupe n'était pas piqué des vers. Jan Jarczyk et Dave Lang jouaient à merveille leurs rôles respectifs de McCoy Tyner et d’Elvin Jones, sans jamais être caricaturaux. Ils assuraient solidement les assises de l'octet. La contrebasse d'Alec Walkington complétait à merveille le trio rythmique, bien que son solo de contrebasse ne me sembla pas des plus réussi. En toute franchise, je n’ai jamais vraiment apprécié les exercices d’improvisations à la contrebasse.
Ce fut un excellent spectacle de jazz. De ceux qui ne coûtent pas trop cher, mais qui restent dans l'esprit longtemps après que la musique s'est arrêtée.
Mais j’étais conquis d’avance.

1 commentaire:
Martin, t'écris tellement bien, proposes tes textes à des magazines, quelque chose! ;0)
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