jeudi 24 mai 2007

Avant dodo

De petits rituels s’installent doucement dans notre nouvelle vie : une nouvelle ponctuation pour une nouvelle donne.

Elle se couche maintenant sur le dos, le ventre s’interdisant un peu plus à tous les jours. Parfois, nous plaçons des écouteurs sur son bedon assoiffé d’expansionnisme, laissant jouer des musiques que nous (je) voulons (veux) formatrices. Parfois, je parle un peu à son nombril, question d’établir une relation. Parfois, c’est en silence que je touche son ventre.

Par contre, à tous les soirs, je m’installe pour lire un peu. Juste quelques pages. Pour la forme. C’est ainsi depuis des lustres.

À tous les soirs, elle lui chante une berceuse. Juste une petite. Pour le plaisir. C’est ainsi depuis peu, quelques mois à peine.

Il y a quelques soirées de cela, alors que je m’installais pour lire – rien de moins qu’à la lampe de poche, à l’instar des enfants pour se cacher des parents – nous avons eu un de ces petits moments de silence et de touche-bedaine. Un petit moment à nous deux (nous trois ?) dans une pénombre de camp de vacances.

En simultané :

- Hey ! lança-t-elle.
(Micro frissonnement de la bedaine susmentionnée)

C’était lui. La minuscule bosse qui était apparue à la surface du corps de ma conjointe, c’était lui. Un infinitésimal soubresaut ; pas de quoi faire frémir l’aiguille d’un sismographe, mais quelque chose à faire frémir mes entrailles.

C’était une quelconque partie de son corps qui avait décoché ce trait. Je m’amuse à penser que cette soirée-là, c’était sa main. Je m’amuse à me dire que cette soirée-là, j’ai fait le premier high five avec mon enfant…

Aucun commentaire: