mardi 26 juin 2007

Fête nationale ou fête francophile?

On a vu cette année, à la fête nationale, les Lynda Thalie et Florent Vollant, les Marco Calliari et les H'sao, tout cela afin d'étayer la diversité culturelle du Québec contemporain. Il est fort louable, voir même essentiel, d’inviter des artistes d’horizon divers à participer à notre fête nationale. Nous sommes en 2007 et le Québec est rendu là, et c'est tant mieux!
Suite à la lecture d’un texte dans le Journal Métro de Montréal (texte dont le nom de l’auteur m’échappe malencontreusement), je me pose néanmoins la question suivante : à quand une fête nationale québécoise qui inclura les Leonard Cohen, les Rufus Wainright, Les Patrick Watson, les Arcade Fire et autres sbires du «côté obscure de la force» du Québec? À ce que je sache, le Québec est à ce jour, et malgré toutes les objections que l’on pourra soulever, en partie anglophone.
Peut-être ont-ils déjà invité à la fête et peut-être ont-ils refusé. C'est une autre question et un autre problème.
Mais, en tant que peuple québécois, pourquoi ne pas fêter notre diversité linguistique en ajoutant l'anglais à la carte des mets de la fête nationale? Pas l'anglais canadien. L'anglais québécois.
Pourquoi cette fête a un parfum d'anglophobie?

2 commentaires:

Myriam ou Vincent a dit...

En effet, je suis assez d'accord. Des fois, j'en ai marre qu'on passe notre temps à oublier ou à effacer volontairement la partie anglo de la carte. Bien que ça nous écoeure, on vit au Canada et en Amérique, ce qui fait de nous des américains. Et la langue la plus parlée est l'anglais, donc faudrait s'y mettre un peu. Des fois, j'ai l'impression qu'on est une bande de villageois. Mais en même temps, cette idée passerait-elle vraiment, surtout lorsque je pense à un client qui était venue me voir à la tente des Francos en disant: "C'est Archambault ça, c'est vous qui choisissez la sélection musicale sur le site?" Et moi: "Non monsieur, c'est déterminé par Spectra et tout le reste là." Et lui: "Ben, en tant que disquaire officiel, vous devriez faire quelque chose pour cette gang là sur scène qui nous font des tounes en anglais depuis le début! C'est innaceptable!" (en parlant des Porn Flakes et Lulu Hugues qui faisaient des "covers" de tounes anglos populaires). Et il a chialé comme ça pendant au moins 25 minutes devant nous qui étions un peu mitigés. Et une dame qui demandait un programme des Francos en anglais et qui nous chiait dessus parce que nous n'en avions pas. Doit-on en avoir un en anglais, si nous célébrons, justement, la diversité culturelle et l'ouverture sur le monde? Enfin, je me demande moi aussi...

Karbo a dit...

Vois-tu Myriam, tu marques un point, point que j'ai soulevé très subrepticement dans mon mot, lorsque je dis «peut-être ont-ils déjà invité à la fête et peut-être ont-ils refusé. C'est une autre question et un autre problème». C’est en effet un autre problème, une autre problématique. Comme de quoi, il y a toujours deux côtés à la même médaille.

Est-ce que les anglais voudraient bien partager une fête nationale (plutôt provinciale dans ce cas-là) avec les francophones? Peut-être est-ce du fait que nous fêtons une «peuple». Dans ce cas-ci, pourquoi inclure d'autres minorités culturelles dans la fête? Faudrait alors être conséquent et fêter entre québécois «de souche» (eurk! J'abhore cette expression, mais elle sied à mon propos). Sinon, pourquoi pas inclure les anglais, en fin de compte?

En effet, l'expression «deux solitudes» prend tout son sens dans ce genre d'événement : à force de s’écœurer, les deux parties ont perdu le cœur de s’entendre - peut-être ne l'ont-elles jamais eu.

L’exercice d’imaginer un Québec par-delà ces chicanes de clocher est difficile : à quoi ressemblerait un Québec sans la déchirure linguistique, où une véritable identité québécoise bilingue existerait? Peut-être qu’un tel Québec serait-il plus près de sa souveraineté?

Mais, dans l’état de fait actuel, ça semble être du travail pour auteurs de science-fiction…