mercredi 27 juin 2007

Mon vélo, c'est mon vélo, et je ne l'ai pas volé...

Dimanche soir, le gros dilemme de la soirée était ; allons-nous ou non au Parc Maisonneuve joindre nos voix menues aux deux centaines de mille fêtards de la Saint-Jean cuvée 2007. Bof, non. Trop chaud, trop fatigué, trop sédentaire pour lever mon cul de son siège. J’avais pas la ferveur patriotique énergique ce soir-là. Le goût d’être un bleu, un vrai, titillait bien mon orgueil de frog, mais j’avais mille et une raisons de me trouver une raison de ne pas y aller.

Fait que plus tard dans la soirée, ma douce m’interpelle : «J’pense qu’il y a quelqu’un sur le balcon qui gosse après ton vélo. J’étais pas sûr il y a 5 minutes, mais là je pense que je ne me trompe pas». Ni une ni deux, je lève mon postérieur de devant mon écran d’ordinateur et je cours ouvrir la porte de mon vestibule. Depuis près d’un an, nous n’avons plus de rideaux d’accrochés à la fenêtre de la porte d’entrée, ce qui m’a permis de voir un gaillard, l’air hagard, sur le porche, prêt à descendre l’escalier de notre appartement, vélo – mon vélo – sous le bras.

Je dois d’abord vous dire que mon vélo, il est vieux, rouillé, noir et rose, pas beau, pas moderne pour deux cennes : j’ai fait exprès de prendre celui-là justement pour décourager d’éventuel voleur. De surcroît, il a un pneu flat depuis deux semaines et il est pogné sur la cinquième vitesse parce que j’ai cassé le petit boute de plastique qui change les dites vitesses. C’est donc une vrai piece of junk. Il y avait facilement cinquante vélos plus intéressants que celui-ci dans un rayon de 100 mètres. Il ne valait pas les 15 minutes de travail. En fait, il aurait dû essayer de voler mon cadenas au lieu de le couper.

Ben le gars ne s’est pas sauvé en me voyant, il s’est mis à m’obstiner que c’était son propre vélo et il semblait insinuer que je le lui avais volé.

«Eille… C’est mon vélo.»
«Euhhh, non. Pas vraiment. Maintenant, tu vas me faire un plaisir de décrisser.»
«Mais man, c’est mon vélo…»
«…» (J’ai vraiment pas l’air menaçant, et, en plus, j’ai plutôt l’habitude de me laisser piler sur les pieds, mais ce soir-là, j’avais comme un goût de bâton de baseball).

Le mec a finalement descendu l’escalier, bredouille, dès qu’on a parlé police.

Bref, il n’y a pas de grosse morale à cette histoire, ni même de punch juteux. J’aimerais bien vous dire que je lui ai défoncé la tronche (tellement mon genre d’ailleurs), ou bien qu’il s’est effondré en excuses, ou bien que la police a débarquée, ou n’importe quelle finale enlevante. Mais non. Il s’est juste tiré.

C’est juste que tant qu’à voler quelque chose, assurez-vous que ça vaille la peine et, surtout, qu’il n’y ait personne autour quand vous le faite. Pis obstinez-vous pas quand vous êtes pris la main dans le sac. Ça a juste l’air con.

Et, en quelque part, j’étais content de n’être pas allé à la Saint-Jean. Il est vieux, rouillé, noir et rose, mon vélo, mais c’est mon vélo, et je ne l’ai pas volé.

1 commentaire:

Myriam ou Vincent a dit...

Je t'avoue que ces temps-ci, pour des histoires de même et bien d'autres affaires, j'ai un peu mon casque de Montréal pis des quartiers dégueux. J'pense que j'ai besoin de nature. Mais ce que j'ai à dire sur ton histoire c'Est: sti que le monde est cave...